PSG-OL, trajectoires parallèles
Après une saison précédente décevante, sur le plan comptable et sur le plan du jeu, indignes de leurs statuts, cet exercice se doit être celui de la réussite et de la séduction pour Paris et Lyon. Après 4 journées, ces deux équipes sont sur le podium avec le même nombre de points que Bordeaux. Elles affichent le même bilan, jusqu'à une différence de buts identique! Ce week-end nous a apporté un enseignement, cette année n'est pas que celle du cru bordelais.
Autrement dit, les gros sont là et assument à l'image de Bordeaux et Marseille et donc aussi de Paris et Lyon, deux grands noms sur lesquels on pouvait avoir des doutes. Pour Lyon à cause de ses départs importants (Junonho et Benzema) et des arrivées à des prix élevés dont on ne connaissait pas la réelle capacité à réussir dans ce club. Pour Paris c'était surtout le changement de coach qui laissait perplexe, et aussi le fait que la capitale n'a pas été aussi active que l'OM ou l'OL sur le marché des transferts. Et finalement, ces deux clubs commencent la saison de la plus belle des manières: 10 points et beaucoup de buts marqués (10 pour le PSG et 9 pour l'OL) et surtout du spectacle: une frappe lointaine incroyable de Bastos et une demi-volée magnifique de Clément, Paris-Lyon sur la même longueur d'onde?
Au Parc des Princes, lors de la victoire 3-0 face à Lille, les joueurs étaient sereins, organisés, courageux, diversifiant le jeu, et montrant de la confiance. Il y a bien du Kombouaré dans ce PSG, à l'image de Clément et Jallet saisissant leur chance en volée ou les dribbles décisifs de Sessegnon sur le troisème but. Paris a joué par intermittences mais a été solidaire et a empêché Lille de jouer, avec beaucoup de patience. Pas toujours constant dans la qualité mais en réelle progression, il faut se dire qu'il y a peu, un match comme ça n'aurait pas été gagné voire même perdu au Parc.
A Lyon aussi, la progression est réelle et l'amour est de retour. Les supporters sont de nouveau heureux et y croient. Ils ne s'ennuient plus, le jeu et les buts sont là, pourtant contrairement à Paris, le coach est le même. Bastos, Lisandro, Gomis: comme dans la capitale les recrues se montrent, et font le spectacle: ils tentent, sont en confiance, Gomis et Lisandro gagnent leurs duels face au gardien, Bastos frappe et marque alors qu'il est à 28m du but!
Du talent, il y a du talent dans ces deux effectifs, mais aussi un bémol. Le même bémol touche ces deux formations: la fébrilité de la charnière centrale. A Lyon, Cris est loin de son niveau d'autrefois et son collègue se trouve être Bodmer que Puel se plaît à aligner à ce poste alors qu'il jouait au milieu à Lille et c'est là qu'il s'était fait une belle réputation. Ses prestations ne sont pas mauvaises mais c'est plutôt la complémentarité de la charnière qui est à revoir. Lyon prend des buts, la preuve ce week-end encore face à Nancy pour la victoire 3-1 à Gerland. Un club de cette envergure, avec des prétentions européennes ne devrait-il pas avoir une défense composée de deux références en pleine confiance et complémentaires?
Du côté du Parc, même problème. Mais ce dernier sera peut être résolu dans un mois. Pourquoi un mois? Parce que c'est la durée d'indisponibilté de Camara. En effet, cet habituel titulaire est blessé depuis le début de la saison et on le remarque. Pourtant Paris possède une pépite, Sakho, qui malgré sa jeunesse est presque irréprochable puisque son seul défaut se trouve être la qualité de ses relances. Camara étant indisponible Kombouaré a du se tourner vers un remplaçant, il a essayé Bourillon et Traoré et aucun de ces deux choix n'a été vraiment convaincant...
Cet exemple est révélateur d'une autre chose: un banc limité. Lyon possède bien un effectif large mais il lui manque encore un bon attaquant supplémentaire. Que fera Puel si Gomis se blesse par exemple? Surtout que c'est une équipe qui joue sur tous les tableaux! Idem à Paris, où au delà du fait que les défenseurs remplaçants sont un peu "justes", le banc est limité en quantité puisque Rothen et Kezman sont partis. Certes c'est un club qui ne joue pas l'Europe et qui possède un "super substitute" nommé Jallet (homme du match contre Lille avec un but et une passe alors qu'il n'était pas titulaire) mais qui pourrait être embêté en cas de blessures...A moins que Aulas ou Bazin réagisse d'ici la clôture du marché des transferts...
En définitive, il est à la fois surprenant et encourageant pour notre Ligue 1 de voir que ces deux clubs sont, pour l'instant, au rendez-vous, puisqu'ils sont à égalité avec Bordeaux. Leur montée en puissance commune, en ce début de saison, laisse présager de bonnes choses pour la suite et le suspense de la lutte pour le podium. On ne savait que penser d'eux puisque les interrogations étaient nombreuses et l'agréable surprise justifie de valider l'apellation "gros quatre" pour cet exercice 2009-2010. Reste à corriger la fébrilité défensive et à espérer que ces deux formations soient épargnées par les blessures. Leurs parcours sont identiques, jusqu'à quand? Jusqu'au 20 septembre pour PSG-Lyon qui, il est sûr, sera un choc de haut de tableau à ne pas louper.
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